La généalogie et la
radio-amateur
par Jean-Guy Renaud
| Depuis
plus de 50 ans, je pratique un
passe-temps qui me permet de faire le tour du monde sans
me déplacer de mon domicile. Je suis un adepte de la radio
amateur. Ce n’est peut-être pas très original, car nous sommes des
milliers à pratiquer ce hobby à travers le monde, dont 50 000
au Canada seulement. Pour le bénéfice des
lecteurs, la radio amateur n’a rien en commun avec le service
radio général qu’on appelle le CB et dont vous avez sûrement entendu
parler à un moment ou à un autre. Ce sont deux modes de communication
différents qui ne poursuivent pas du tout les mêmes objectifs et qui
n’utilisent pas les mêmes fréquences ni les mêmes équipements. Il y a une quinzaine d’années, la ville de Saint-Bruno avait offert à ses citoyens des ateliers d’initiation à la généalogie. Comme je désirais depuis longtemps connaître comment il fallait s’y prendre pour retracer ses ancêtres, il va sans dire que je m’étais inscrit à ces ateliers dont j’avais suivi les sessions avec assiduité.
Une année avait passé depuis la fin de ces cours
et je mettais à profit ces connaissances nouvellement acquises pour
visiter assidûment les bibliothèques et les archives de la province
pour effectuer mes propres recherches sur mes ancêtres. Un jour que
je revenais de la bibliothèque de Longueuil, j’avais abordé, à l’aide
de l’appareil émetteur installé
dans mon auto, le sujet
de la généalogie avec un ami radio amateur. Celui-ci s’était montré
très intéressé par le sujet, et à
mesure que se déroulait la conversation, d’autres radio amateurs
s’étaient joints à nous et me demandaient des informations de toutes
sortes concernant leurs propres familles. C’est
à partir de cette discussion qu’avait germé dans mon esprit l’idée
de préparer une série de textes qui pourraient être présentés sur
les ondes amateurs lors d’émissions spécifiquement consacrées à ce
sujet. Je croyais que ce passe-temps de la radio amateur pouvait devenir
un outil de choix pour partager des connaissances dans différents
domaines et que la généalogie était justement l'un des domaines qui
se prêtait for bien à ce partage.
Durant les mois qui suivirent, je mis au point les tous premiers
textes de ces émissions radio amateur sur la généalogie que je voulais
présenter à l’automne suivant, période où les radio amateurs s’installent
devant leurs appareils à l’affût de nouveaux contacts, de nouveaux
pays ou de nouvelles connaissances.
Ces présentations eurent un succès immédiat. À
la première émission, plus de 150 auditeurs s’étaient manifestés et
avaient posé des questions toutes plus pertinentes les unes
que les autres. Je dois dire ici que la radio amateur, contrairement
à la radio commerciale, est une radio inter-active, dans ce sens que
l’auditeur peut participer directement à
l’émission grâce à son émetteur et poser
à l’animateur toutes les questions qui lui viennent à l’esprit,
ce qui rend le processus des plus intéressants.
Ces
émissions qui avaient lieu le dimanche soir à 8 heures durèrent plusieurs
années et connurent un succès inespéré. J’ai été à même de constater par la suite, par des appels téléphoniques
ou autrement qu’un nombre incalculable de personnes étaient à l’écoute
de ces émissions et par ce moyen désiraient connaître la généalogie
et les différentes méthodes
de recherches. Toutes
ces personnes n’étaient pas des amateurs de radio. Elles captaient
les ondes amateurs à l’aide
de balayeurs d’ondes mais, comme elles ne pouvaient pas participer
activement aux émissions, ne détenant
pas la licence indispensable à la possession d’émetteurs, elles
témoignaient de leur présence en me téléphonant ou en me faisant parvenir
leurs commentaires ou leurs demandes par la poste. J’avais
un jour reçu une lettre d’un Mormon qui m’expliquait toutes les possibilités
que son groupe offrait aux chercheurs en généalogie. Cette personne
avait été contactée par un radio amateur de sa connaissance qui
lui avait parlé de nos émissions et lui avait refilé mon adresse.
J’avais reçu assez de documentation de cette personne, concernant
leur organisation pour en faire une émission entièrement consacrée
à cette Église. Ce sont
ces textes préparés pour la radio amateur qui ont plus tard donné
naissance aux ateliers de généalogie que j’ai présentés à
Saint-Bruno et à Sainte Julie par la suite. Comme vous pouvez le constater, il y a toutes sortes de moyen d’assimiler de nouvelles connaissances et la radio amateur est justement l’un de ces moyens. Ces connaissances, portées aux quatre vents par les ondes radio, tombent souvent dans une terre fertile, et c’est avec beaucoup de fierté que je vois aujourd’hui le succès de plusieurs des participants de ces émissions qui sont devenus des adeptes de la recherche généalogique et, pour certains d’entre eux, des chercheurs for compétents.
Jean-Guy
Renaud, VE2AIK
Membre
no. 003 |